Compte-rendu de la séance du Conseil général du 25 mars 2019

Clou incontestable de la séance, la motion populaire demandant un moratoire de la réorganisation de l’école à Val-de-Ruz est refusée, malgré l’engagement des Verts. Retour sur une soirée mouvementée.

Une commission sports-loisirs-culture fermée

La création d’une commission sports-loisirs-culture est acceptée par le Conseil général. La proposition des Verts d’ouvrir la commission à des personnes qui ne soient pas forcément issues du législatif est refusée par une courte majorité. Pour les Verts, Michel Faragalli siègera dans cette commission.

Investissements dans le réseau d’eau acceptés

L’examen de deux crédits-cadres pour l’eau potable et l’assainissement en 2019 donne l’occasion à Romain Douard de relever, au nom des Verts, plusieurs points auxquels le rapport ne semble pas répondre sous l’angle de la priorisation des tâches. Suite aux explications satisfaisantes du Conseil Communal, les crédits de 1’250’000 pour l’eau potable et de 500’000 pour l’assainissement sont adoptés à l’unanimité.

Augmentation de postes pérenne?

L’augmentation de la dotation en personnel socio-éducatif ainsi que de l’encadrement de l’espace repas au collège de la Fontenelle rencontre un assez large consensus, le besoin semblant en effet bien fondé. Quoique convaincus de la pertinence de la mesure proposée, les Verts déposent, afin de permettre un suivi dans le temps, un amendement proposant de limiter cette augmentation à une durée de quatre ans puis de réévaluer son éventuelle prorogation. Après la réponse donnée par le Conseil communal, qui s’oppose à l’amendement, la séance est brièvement suspendue. Après la reprise des débats, l’amendement des Verts est largement rejeté et l’arrêté communal est adopté tel quel.

Toujours pas d’affichage pour les sociétés locales

Le groupe des Verts a déposé une motion, portée par Laurent Debrot, qui demande au Conseil communal d’établir un concept d’affichage culturel, sportif et politique, en commençant par exploiter les emplacements déjà existants tels les abris-bus. La pratique actuelle de la Commune est en effet trop restrictive. Peu de lieux d’affichage officiels subsistent et le zèle du personnel communal à enlever les affiches apposées de manière sauvage décourage le travail de promotion des sociétés locales. Le Conseil communal s’oppose à la mise à disposition de nouveaux espaces d’affichage et considère que la gestion du placardage « sauvage » requiert trop d’énergie et de ressources, en regard du résultat. Laurent Debrot rappelle que la communication se déroule sur de nombreux supports, Internet n’en étant qu’un parmi d’autres, et que l’affichage « papier » a encore sa raison d’être dans une Commune comme la nôtre. Néanmoins, la majorité du Conseil général refuse la motion proposée par les Verts.

Motion populaire autour de la réorganisation de l’école

L’examen de la motion populaire concernant la réorganisation de l’école soulève de nombreuses questions de fond, notamment quant au rôle que l’on souhaite donner à l’école et à la manière d’organiser celle-ci. L’objectif de procéder à un lissage des effectifs dans les classes, notamment en supprimant les classes à deux niveaux et en déplaçant les élèves entre les villages, suscite de nombreuses inquiétudes auprès des parents.

La motion, forte de plus de 1’300 signatures, demande un moratoire d’une année quant à la mise en oeuvre de la réorganisation. Alain Lugon explicite la position des Verts, qui met en exergue le rôle que l’école doit avoir dans la vie des villages et la forte fonction sociale de l’école au sein de ceux-ci. Les Verts s’étaient déjà exprimés à ce sujet lors de la séance de septembre 2018 et avaient déjà marqué leur réticence face au projet proposé. L’évolution du dossier confirme malheureusement leurs craintes. L’intervention d’Alain Lugon est fortement appréciée par le public présent en nombre ce soir-là.

Après la réponse du Conseil Communal, une suspension de séance est demandée. Chloé Douard évoque son expérience personnelle afin de défendre le concept des classes à deux niveaux et le plaisir qu’ont les enfants de retrouver les écoliers du même village après les cours afin d’y partager ensemble des moments qui, autant que l’école, contribuent à construire l’individu. Après un dernier tour de parole, la motion est refusée par une forte majorité du Conseil général. Le mécontentement est palpable parmi les parents d’élèves. La surdité des autorités aux préoccupations des familles n’est malheureusement pas de bon augure pour l’harmonie au sein de la Commune de Val-de-Ruz.