Pôle de développement économique à La Tène : pourquoi sacrifier nos terres agricoles ?

Depuis quelques jours maintenant, des dossiers épais et fournis ont pris leur quartier dans une petite salle de notre administration communale. Le Pôle de développement économique, qui prévoit d’être implanté sur 24 hectares de terres entre Marin-Epagnier et Thielle, est mis à l’enquête publique. Un projet d’une envergure surdimensionnée, à l’image de son format papier. En effet, l’objectif des autorités cantonales, porteuses du projet, est d’y installer des entreprises à « haute valeur ajoutée ». On peut déjà s’interroger sur leur nature exacte. Mais ce qui inquiète davantage de nombreux/euses citoyen-ne-s ainsi que les Vert-e-s de La Tène, est de voir sacrifier sur l’autel de l’économie industrielle, 24 hectares de terres agricoles de catégorie 1 au bilan attesté, initialement prévues pour assurer à notre canton une autonomie alimentaire. N’a-t-on ainsi pas tiré les enseignements de la crise sanitaire qui nous touche depuis plus d’une année maintenant ? Sommes-nous prêt-e-s à bétonner une surface équivalente à 34 terrains de football ? D’autant que les friches industrielles ne manquent pas dans notre canton. A moins de se fourvoyer, le béton n’a jamais nourri qui que ce soit… Certes, le Pôle de développement économique se veut créateur d’emplois et par extension, ambitionne d’attirer 500 nouveaux/elles résident-e-s sur le territoire communal. Mais là encore, il convient de garder la tête froide et l’esprit à domicile. Car le télétravail, en tout cas partiel, semble être devenu une évidence pour bon nombre d’entreprises et employé-e-s. Cet élément ne semble pas faire partie de la réflexion du Conseil d’Etat au moment de concevoir son projet. Normal, celui-ci date de l’ère pré-COVID. Depuis, les choses ont changé, n’est-ce pas ? De son côté, la commune est-elle prête à faire face à l’arrivée de nouveaux/elles habitant-e-s ? Nos infrastructures (écoles, lieux d’accueil, traitement des eaux, routes, etc.) vont-elles pouvoir tenir le choc d’une augmentation non-négligeable de 10% de la population laténienne? Des travaux et adaptations devront sans doute être menés. Et ils auront un coût. Enfin, les Vert-e-s de La Tène sont soucieux/euses de l’impact environnemental qu’entrainera le Pôle de développement économique. Et en particulier sur les nuisances résultant d’un trafic automobile poussé à 4900 véhicules par jour. A titre de comparaison, il est estimé que des axes comme celui du Champ-de-la-Croix et celui de Wavre/Entre-Deux devront faire face à des augmentations du nombre de véhicules journaliers entre 75 et 130% d’ici 2040 par rapport à une situation sans pôle à la même échéance.

Les Vert-e-s de La Tène ne sont donc pas favorables à ce projet démesuré et vecteur de bien des nuisances. Notre groupe estime que notre commune n’a aucunement besoin d’être le berceau d’industries dont on ignore encore la nature exacte. Notre commune doit pouvoir rayonner pour elle-même, par et pour ses habitant-e-s et non pas au détriment de notre qualité de vie et de notre environnement. Une opinion partagée par un groupe de Laténien-ne-s qui s’opposeront fermement à ce projet. Toute personne intéressée à rejoindre ce mouvement peut signaler son intérêt à cette adresse : lateneentransition@gmail.com.

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