Roby Tschopp: l’interview

La nouvelle économie et l’économie verte sont des enjeux-clés

Le Conseiller communal de Val-de-Ruz Roby Tschopp, homme d’expérience, affiche une connaissance tant du développement durable que du pragmatisme économique.

Si vous êtes élu, quel dicastère souhaiteriez-vous ?

Roby Tschopp: L’aménagement du territoire et la mobilité sont deux thèmes à une étape charnière pour le Canton et qui sont d’une importance prépondérante pour les Vert-e-s. Mon parcours me pousse naturellement vers eux. Mais il y a des enjeux dans tous les départements : l’économie avec le « green new deal », le social, la santé, la formation et l’enseignement … Les préoccupations des Vert-e-s ne se limitent pas aux transports, à l’environnement ou à l’aménagement du territoire.

Prenons l’un de vos domaines de prédilection, l’économie.

RT: Je suis ingénieur à la base et je connais bien les préoccupations des entreprises. L’économie est un enjeu qui a gagné en importance avec la crise Covid. Pour l’horlogerie ou la mécanique de précision, dont nous restons un haut-lieu, la situation est fragile. La nouvelle économie et, bien sûr, l’économie verte sont des enjeux-clé pour les années à venir.

Qu’entendez-vous par « économie verte » ?

RT: L’économie verte consiste à subvenir aux besoins de l’humanité d’aujourd’hui sans empêcher l’humanité de demain de subvenir aux siens. En pratique, il s’agit de ne pas piller les ressources non renouvelables (qu’il s’agisse d’énergie ou de métaux rares, par exemple), de ne pas léguer aux générations futures nos montagnes de déchets plus ou moins toxiques et évidemment de laisser derrière nous une planète aussi fraîche que nous l’avons trouvée en arrivant.

Vous avez dirigé l’organisation Actares, qu’en retenez-vous ?

RT: C’est une expérience qui m’a fait grandir ; elle est fondatrice et m’a inspiré jusque dans mon rôle de Conseiller communal. Actares regroupe un millier d’actionnaires qui s’engagent pour une économie durable. C’est un tout petit lobby, qui fait primer la force du discours avec une légitimité et un crédit impressionnants. Mon adhésion aux valeurs vertes et à leur réalisation dans l’économie, elle, date de ma présidence de la caisse de pension éthique Nest.

Peut-on transposer les enjeux de Val-de-Ruz au canton ?

RT: Ma fonction me fait rencontrer les actrices et acteurs du terrain. Lorsqu’une entreprise est confrontée à une nécessité, il faut agir ! Je sais que les marchés vont vite et qu’il s’agit d’accélérer les choses, mais toujours dans le respect du cadre légal. Je suis bien sûr un défenseur du droit de recours des associations, qui reste un garde-fou salutaire.

Votre avis sur l’école d’aujourd’hui ?

RT: J’ai un souci avec le calibrage des classes dès l’école primaire. On déplace des élèves d’une localité à l’autre avec, certes, des arguments pédagogiques, mais en fabriquant des « petits pendulaires » qui dépendent des transports, souvent mis sur pied exprès. Je ressens une technicisation de l’école dès le plus jeune âge où l’on perd la valeur de la proximité. L’école se targue de « mettre l’enfant au centre » et je préfèrerais qu’elle se mette autour de l’enfant.

La campagne s’annonce rude.

RT: Nous devons réinventer la campagne. Il y aura plus de virtuel et j’estime que le journal tous-ménages est un instrument très efficace. Il faut repenser la manière d’aller vers les gens sans les harponner dans la rue. Les Vert-e-s ont renoncé à l’affichage sauvage, alors oui, ce sera une campagne spéciale !